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Le système de la nouvelle prime bénéficiaire

  1. Généralités

La loi du 22 mai 2001[1] a subi un lifting par le biais de la loi-programme du 25 décembre 2017[2].

La prime bénéficiaire ne peut être octroyée qu’aux travailleurs salariés[3].

La prime bénéficiaire correspond à une partie ou à la totalité du bénéfice de l’exercice comptable alloué en espèces aux salariés d’une société ou d’un groupe de sociétés[4].

Le nouveau système prévoit deux types de primes bénéficiaires qui peuvent être octroyées aux travailleurs qui sont[5] :

  • La prime bénéficiaire identique ; et
  • La prime bénéficiaire catégorisée.

La prime bénéficiaire vise à allouer un montant identique ou un pourcentage égal de la rémunération aux travailleurs[6] tandis que la prime bénéficiaire catégorisée permet d’attribuer des montants différents en fonction de la catégorie à laquelle appartient le travailleur[7].

La décision de mettre en place une prime bénéficiaire est une initiative exclusive de l’employeur[8] et les employeurs concernés sont les sociétés (ou les groupes de sociétés), associations ou établissements assujettis à l’impôt des sociétés ou à l’impôt des non-résidents/sociétés[9]. La décision d’octroyer une prime bénéficiaire identique aux travailleurs doit être prise par une assemblée générale ordinaire ou extraordinaire à la majorité simple des voix[10] tandis que l’octroi d’une prime bénéficiaire catégorisée doit se faire par le biais d’une convention collective de travail ou d’un acte d’adhésion[11].

Le montant total des participations dans le bénéfice ne peut pas dépasser 30% de la masse salariale brute totale à la clôture de l’exercice comptable[12].

La prime bénéficiaire ne peut être octroyée pour la première fois que sur la base du bénéfice de l’exercice clôturé au plus tôt le 30 septembre 2017[13].

2. Les aspects fiscaux

a. Dans le chef du travailleur

La prime bénéficiaire allouée aux travailleurs est soumise à une taxe de 7 %[14] (impôt indirect). Cette taxe fait l’objet d’une retenue à la source par l’employeur et son paiement est libératoire.

b. Dans le chef de l’employeur

La prime bénéficiaire constitue une dépense non admise dans le chef de la société qui l’octroie ; par conséquent, elle est soumise au taux ordinaire à l’impôt des sociétés[15].

3. Les aspects de sécurité sociale

a. Dans le chef du travailleur

La prime bénéficiaire est soumise à une cotisation de solidarité au taux de 13,07 %[16][17].

b. Dans le chef de l’employeur

L’employeur n’est pas redevable des cotisations patronales de sécurité sociale sur le montant de la prime bénéficiaire, étant donné que celle-ci n’est pas considérée comme de la rémunération[18].

c. Prime bénéficiaire et mobilité internationale

La cotisation de solidarité est visée par le Règlement européen n° 883/2004 du 29 avril 2004.

Etant donné que ladite cotisation est visée par le Règlement européen, elle peut être versée par un groupe étranger.

4. Comparaison entre l’avantage non-récurrent liés aux résultats, la prime bénéficiaire, les warrants et le bonus en cash

 

 

Avantage
non-récurrent lié aux résultats (CCT 90)

Prime bénéficiaire

Warrants

Bonus en cash

 Coût employeur

€ 3.990,00(1)

€ 4.260,15(2)

€ 3.000,00

€ 3.750,00(3)

 Montant brut

€ 3.000,00

€ 3.000,00

€ 3.000,00

€ 3.000,00

 Cotisations

 sociales

 travailleurs

€ 392,10(4)

€ 392,10(4)

€ 0,00

€ 392,10(5)

 Base imposable

€ 2.607,90

€ 3.000,00

€ 3.000,00

€ 2.607,90

 Impôt

€ 0,00

€ 210,00(6)

€ 1.605,50(7)

€ 1.395,23(7)

 TOB

€ 0,00

€ 0,00

€ 10,50(8)

€ 0,00

 Montant net

€ 2.607,90

€ 2.397,90

€ 1.384,50

€ 1.212,67

 Déductible à

 l’ISOC

Oui

Non

Oui

Oui

 Ratio coût  

 employeur/net    

 travailleur

65,36 %

56,29 %

46,15 %

32,34 %

 

(1) Cotisation spéciale de sécurité sociale de 33 %

(2) Taux de l’impôt des sociétés de 29,58 %

(3) Cotisation sociale patronale de 25 %

(4) Cotisation de solidarité de 13,07 %

(5) Cotisation sociale de 13,07 %

(6) Taux de 7 %

(7) Taux maximum de 53,5 %

(8) Taux de 0,35 %

 

Il ressort de ce qui a été exposé que le nouveau système de la prime bénéficiaire s’avère être un outil d’optimisation intéressant en faveur des travailleurs, eu égard à son faible taux de taxation de 7 % en comparaison avec l’ancien régime qui prévoyait un taux de 25 % et les autres formes de rémunération qui figurent dans le tableau supra. L’avantage que présente la prime bénéficiaire par rapport à l’avantage non-récurrent lié aux résultats réside dans le fait que le montant de la prime bénéficiaire n’est pas plafonné tandis que le montant relatif à l’avantage non-récurrent lié aux résultats est limité à € 3.313,00 brut (montant pour l’année 2018). Cette prime est également soumise à une cotisation de solidarité de 13,07 % dans le chef du travailleur.

En outre, la prime bénéficiaire n’est pas soumise aux cotisations patronales de sécurité sociale. Toutefois, celle-ci constitue une dépense non admise dans le chef de la société et devra subir l’impôt y afférent (l’impôt des sociétés).

 

Vous avez un doute quant à vos obligations ? Nos experts se tiennent à votre entière disposition pour vous conseiller.

 

 

Kevin Gomez                                                              Alexandre De Munck

 

[1] M.B., 09 juin 2001.

[2] M.B., 29 décembre 2017.

[3] Loi du 22 mai 2001, art. 7/1°.

[4] Loi du 22 mai 2001, art. 7/1°.

[5] Loi du 22 mai 2001, art. 11/2.

[6] Loi du 22 mai 2001, art. 7/2°.

[7] Loi du 22 mai 2001, art. 7/3°.

[8] Loi du 22 mai 2001, art. 11/1.

[9] Loi du 22 mai 2001, art. 2, 1°.

[10] Loi du 22 mai 2001, art. 11/6, § 1er

[11] Loi du 22 mai 2001, art. 11/8.

[12] Loi du 22 mai 2001, art. 11/4.

[13] Loi-programme du 25 décembre 2017, art. 54.

[14] Code des taxes assimilées aux impôts sur les revenus, art. 113, § 1, 1°.

[15] Code des impôts sur les revenus, art. 198 et 207.

[16] Loi du 29 juin 1981, art. 38, § 3septies.

[17] Remarque : le caractère déductible de cette cotisation pose question.

[18] Loi du 12 avril 1965, art. 2.